La formulation de DanielKaplan pour revisiter le cluetrain manifesto en français :

Une immense conversation est née sur l’internet. Elle rassemble des
millions de personnes qui ne se connaissent pas et n’ont
pas nécessairement conscience de s’y trouver réunies ; elle parle de
tout à la fois et même, souvent, de pas grand-chose ; la plupart de ses
participants croient qu’ils ne parlent qu’à quelques amis, mais ces
amis parlent à d’autres amis, qui eux-mêmes… ; en général elle ne
produit rien qui mérite qu’on en parle, ce qui n’est nullement grave,
mais d’autres fois, il en sort un électrochoc qui bouleverse les
médias, ou la politique, ou une grande entreprise, ou une communauté…
L’internet
et les réseaux mobiles sont aujourd’hui les supports de formes
d’expression, de coordination et de relation, qui cassent les
distinction traditionnelles - et pour partie fondatrices de nos
identités collectives - entre privé et public, entre hiérarchie et
coopération, entre “top-down” et “bottom-up”, entre représentation et
participation.
Nous connaissons bien certaines pratiques
sociales de l’internet, parce qu’elles correspondent à des catégories
dont nous avons l’habitude : la communication interpersonnelle d’un
côté, la “communauté” de l’autre. Toutes deux subissent des changements
profonds dans leurs modalités, dans leur “écologie” (agencement
et équilibre des modes de communication, gestion des relations en
fonction du temps et du contexte…) mais enfin, nous restons en terrain
connu.
Il n’en va pas de même de ce qu’il se passe entre
ces deux pôles, dans l’univers de plus en plus dense des pratiques
individuelles mais pas privées, coopératives mais sans intention ni but
particulier, publiques sans y penser, communautaires sans communauté
bien définie…
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